Sur les questions d'achat posées en français, les moteurs de réponse citent surtout des sites du marché français : 78,8 % des citations selon l'étude d'Otterly publiée le 12 octobre 2026. Ces sites ne sont pas tous en .fr. 29,5 % des citations vont à des sites français installés sur un .com, un .info ou un .org, au premier rang desquels les comparateurs. Pour une entreprise française, l'extension du nom de domaine compte peu. Ce qui compte, c'est d'être présente là où ces comparateurs répondent à la question de l'acheteur.
- Otterly (12 octobre 2026) : 3,77 millions de citations françaises, 7 moteurs (ChatGPT, Google AI Overviews, Google AI Mode, Gemini, Perplexity, Microsoft Copilot et Claude), 16 secteurs, du 16 août au 28 septembre 2026.
- 49,4 % des citations vont à une adresse qui se déclare française (.fr, .be, .ch ou un chemin /fr/). En ajoutant les sites français en .com, on atteint 78,8 %, presque autant qu'en Allemagne (79,9 %).
- Les sites tiers qui captent ces citations sont surtout des comparateurs et des médias spécialisés : Selectra, Meilleurtaux, Lesfurets, Empruntis, Clubic, Frandroid.
- La France cite peu la presse (10,4 % des citations, contre 14,9 % en Allemagne et 16,4 % aux États-Unis) et davantage l'administration (3,5 %, contre 1,8 % en Allemagne).
- Reddit ne pèse que 0,62 % des citations françaises, environ trois fois moins qu'aux États-Unis (1,79 %).
Que mesure l'étude d'Otterly sur la France ?
L'index de recherche IA d'Otterly est une analyse des sources citées par sept moteurs de réponse sur des questions commerciales posées en français. Otterly, éditeur d'un outil de suivi de la visibilité IA, a relevé 3,77 millions de citations françaises entre le 16 août et le 28 septembre 2026, soit 44 jours. L'étude couvre 16 secteurs, avec une centaine de questions proches de l'achat par secteur. Elle compare la France à l'Allemagne (3,95 millions de citations) et aux États-Unis (3,73 millions), sur les mêmes dates.
La méthode lit chaque citation au niveau de l'URL. Une adresse est jugée française si son domaine est en .fr, .be ou .ch, ou si un domaine international porte un signal français dans son nom d'hôte ou dans les trois premiers segments du chemin, par exemple qonto.com/fr/ ou fr.wikipedia.org. C'est la méthode de l'étude d'Otterly sur l'Allemagne, que nous avions analysée le 9 octobre faute de données françaises. Ces données existent désormais.
Où atterrissent les citations des IA en France ?
Lue par l'adresse seule, la France paraît peu locale. Moins d'une citation sur deux pointe vers une adresse qui se déclare française.
| Type d'adresse (Otterly, France) | Part des citations |
|---|---|
| Domaine national (.fr, .be, .ch), dont 97,8 % en .fr | 34,4 % |
| Domaine international avec un signal français (/fr/, fr.) | 15,0 % |
| Domaine international sans aucun signal de langue (.com, .info, .org) | 48,6 % |
| Domaine d'un autre pays (.de, .us...) | 2,0 % |
Les 48,6 % sans signal changent la lecture. Otterly a isolé, dans cette catégorie, les domaines que les marchés allemand et américain ne citent presque jamais : moins de 0,002 % de leurs propres citations. Ces domaines ne servent qu'un marché. Ce sont des sites français installés sur un domaine générique, et ils pèsent 29,5 % de toutes les citations françaises.
| Mesure (Otterly, 2026) | France | Allemagne | États-Unis |
|---|---|---|---|
| Adresse qui se déclare locale | 49,4 % | 64,9 % | 5,3 % |
| Site local sur un domaine générique | 29,5 % | 15,0 % | 51,8 % |
| Total des citations vers le marché local | 78,8 % | 79,9 % | 57,1 % |
| Sources partagées entre les trois marchés | 21,2 % | 20,1 % | 42,9 % |
L'écart entre la France et l'Allemagne vient donc d'une habitude d'achat de noms de domaine : les éditeurs français choisissent plus souvent un .com que leurs voisins allemands un domaine générique. Une fois ces sites comptés, les deux marchés ne sont séparés que d'un point. Otterly précise que ce résultat tient avec un seuil quatre fois plus strict ou cinq fois plus souple : l'écart reste compris entre 1,0 et 1,2 point.
La colonne américaine se lit autrement. La plupart des sites de référence mondiaux sont américains et en .com : ceux que la France et l'Allemagne ne citent pas représentent mécaniquement la moitié du marché américain.
Les comparateurs captent les citations commerciales
Les sites français les plus cités sur un domaine générique sont des comparateurs et des médias spécialisés. Selectra, comparateur de fournisseurs d'énergie, recueille à lui seul 0,40 % de toutes les citations du marché français, sur un .info. Clubic (0,25 %) et Frandroid (0,22 %) sont en .com, et l'association Que Choisir en .org. Viennent ensuite les comparateurs de crédit, d'assurance et de télécoms : Meilleurtaux, Lesfurets, Empruntis, Ariase.
Otterly en tire une conclusion nette : pour une entreprise française, ces sites forment l'ensemble concurrentiel. Sur une question d'achat, une marque se mesure à ses concurrents directs et aux pages qui comparent les offres à la place de l'acheteur. Un audit concurrentiel limité aux domaines en .fr passe à côté des sites qui prennent les citations.
Ce constat rejoint ce que nous décrivions pour l'assurance, où ChatGPT fait le comparatif à la place de l'assuré, et le poids des formats comparatifs parmi les contenus les plus cités par les IA.
Peu de presse, davantage d'administration
Le contenu des marques et des entreprises représente 56,7 % des citations françaises, un niveau presque identique à l'Allemagne (57,2 %) et aux États-Unis (56,3 %). Les écarts entre pays se jouent sur les autres catégories.
| Type de source (Otterly, 2026) | France | Point de comparaison |
|---|---|---|
| Contenu des marques et des entreprises | 56,7 % | 57,2 % en Allemagne, 56,3 % aux États-Unis |
| Médias et actualité | 10,4 % | 14,9 % en Allemagne, 16,4 % aux États-Unis |
| Associations | 7,5 % | 8,9 % en Allemagne |
| Blogs et sites d'affiliation | 6,9 % | 5,1 % en Allemagne, 5,3 % aux États-Unis |
| Sites publics | 3,5 % | 1,8 % en Allemagne |
| YouTube | 1,93 % | 1,75 % aux États-Unis |
| 0,62 % | 1,79 % aux États-Unis | |
| 0,54 % | 0,18 % en Allemagne |
La presse citée est surtout spécialisée. Parmi les citations de médias, Clubic pèse 2,4 %, Frandroid 2,1 % et MoneyVox 1,8 %. Le Parisien est le premier quotidien généraliste, au quatrième rang avec 1,7 %. L'américain Forbes figure dans les huit premiers, avec 1,0 %.
L'administration tient en France la place qu'occupent les associations professionnelles en Allemagne. Service-Public recueille 7,7 % des citations de sites publics, Ameli 5,1 %, jeveuxaider.gouv.fr 4,6 % et economie.gouv.fr 3,7 %. Des institutions américaines apparaissent à des niveaux comparables : PubMed Central (4,8 %), la SEC (4,4 %) et la FDA (4,0 %). L'Agence européenne des médicaments (4,2 %) est la seule institution non nationale à faire jeu égal avec elles.
Pour une entreprise d'un secteur réglementé (santé, finance, énergie, assurance), Otterly en déduit que l'exactitude sur la réglementation, et la cohérence avec ce que publie l'administration, pèsent davantage en France que l'adhésion à une organisation professionnelle.
Le moteur et le secteur changent la mesure
Lus par l'adresse seule, deux moteurs sur sept envoient plus de la moitié de leurs citations vers une adresse française : Microsoft Copilot (60,1 %) et Perplexity (56,9 %). Claude est le plus bas, avec 43,9 %.
Avec les sites français en .com, la lecture s'inverse. Tous les moteurs citent le marché français dans 71,3 % (Google AI Mode) à 88,0 % (Microsoft Copilot) des cas. Claude, le plus bas à l'adresse, cite le plus de sites français en .com (33,9 % de ses citations) et atteint 77,8 %. Juger sa visibilité française sur un seul moteur fausse la lecture, jusqu'à 16,7 points selon Otterly.
Le secteur compte aussi. Aucun des 16 secteurs n'envoie une part plus élevée vers un domaine national en France qu'en Allemagne.
| Secteur (Otterly) | France | Allemagne |
|---|---|---|
| Santé | 54 % | 73 % |
| Finance et assurance | 44 % | 69 % |
| Médias et divertissement | 28 % | 50 % |
| Plateformes éducatives | 25 % | 31 % |
| Pharmacie | 24 % | Non publié |
Ces pourcentages ne comptent que les domaines nationaux. Ils sous-estiment donc la place des sites français en .com, surtout dans les secteurs où ces sites sont nombreux, comme les plateformes éducatives.
Faut-il un nom de domaine en .fr pour être cité par les IA ?
Non, un nom de domaine en .fr n'est pas nécessaire pour être cité par les IA en France. Selon Otterly, les moteurs citent la page et non l'extension : les sites français sur un domaine générique captent 29,5 % du marché. Une entreprise française en .com n'a aucune raison de migrer vers un .fr pour sa visibilité IA.
Pour une entreprise étrangère qui s'installe en France, Otterly recommande de créer un sous-dossier /fr/ sur un domaine qui a déjà de l'autorité plutôt que d'acheter un nouveau .fr. Pour les pages d'entreprise, ce chemin localisé porte 31 % des citations des domaines internationaux.
Le .com a tout de même un coût : celui de la mesure. Un outil qui évalue la présence locale par l'extension sous-estime une marque en .com et flatte un concurrent en .fr. Si vous suivez votre visibilité IA, demandez quelle méthode votre outil applique.
Ce qu'il ne faut pas conclure de l'étude
- Qu'elle vaut pour toutes les questions. Otterly n'a analysé que des questions commerciales, proches de l'achat. Les questions informatives peuvent mener vers d'autres sources.
- Qu'elle décrit une situation stable. La fenêtre de 44 jours ne dit rien de la saisonnalité, et les citations IA changent vite, comme l'a montré la chute des citations Reddit dans ChatGPT.
- Que chaque site est bien classé. La couche des sites français en .com repose sur un seuil statistique. Otterly montre que l'écart entre la France et l'Allemagne y résiste, pas que chaque domaine est classé sans erreur.
- Qu'elle est neutre. Otterly vend un outil de suivi de la visibilité IA. La méthode est publiée en détail, ce qui permet de la discuter, mais aucune relecture indépendante n'est mentionnée.
Que faire quand on est une entreprise française
- Repérez les comparateurs cités dans votre secteurPosez en français 10 à 15 questions d'achat de votre secteur à ChatGPT, Perplexity, Claude, Gemini et Google AI Mode, et notez les sites cités. Dans l'énergie, le crédit, l'assurance ou la tech, les comparateurs ont de fortes chances d'apparaître. La méthode est détaillée dans notre guide pour savoir si ChatGPT cite votre entreprise.
- Vérifiez votre présence sur ces comparateursUne marque absente d'un comparateur cité ne peut pas apparaître dans la réponse qui s'appuie sur lui. Vérifiez que votre offre y figure, avec des prix, des garanties et des caractéristiques exacts et à jour.
- Publiez votre propre page de comparaisonOtterly le formule simplement : si vous vendez un produit, la page qui le compare aux alternatives est celle qui est citée. Une comparaison honnête, avec vos critères, vos prix et vos limites, répond directement à la question de l'acheteur.
- Alignez-vous sur ce que publie l'administrationDans un secteur réglementé, renvoyez vers les pages officielles (Service-Public, Ameli, economie.gouv.fr) et vérifiez que vos informations ne les contredisent pas.
- Mesurez sur plusieurs moteurs, sans vous fier à l'extensionCopilot et Claude ne voient pas le marché français de la même façon. Suivez au moins deux moteurs, et comptez les sites français en .com parmi vos concurrents locaux.
- Placez vos efforts communautaires ailleurs que sur RedditReddit pèse trois fois moins en France qu'aux États-Unis. YouTube fait jeu égal avec les États-Unis, et Facebook pèse trois fois plus qu'en Allemagne.
Identifier, moteur par moteur, les comparateurs et les sites qui répondent à la place de votre entreprise fait partie de notre audit de citabilité. Nous relevons les sources citées sur vos questions d'achat, leur type et la place que vous y occupez. Nous ne promettons aucune position : nous montrons où se décide la réponse.
FAQ
Quels sites les IA citent-elles le plus en France ?
Sur des questions d'achat, les contenus des marques représentent 56,7 % des citations françaises selon Otterly (octobre 2026). Parmi les sites tiers, les comparateurs dominent : Selectra, Meilleurtaux, Lesfurets, Empruntis, Clubic, Frandroid. La presse ne pèse que 10,4 % des citations, et les sites publics comme Service-Public ou Ameli 3,5 %, presque deux fois plus qu'en Allemagne.
Faut-il un nom de domaine .fr pour être cité par ChatGPT en France ?
Non. Selon Otterly, 29,5 % des citations françaises vont à des sites français installés sur un .com, un .info ou un .org : les moteurs citent la page, pas l'extension. Une entreprise étrangère a intérêt à créer un sous-dossier /fr/ sur un domaine qui a déjà de l'autorité plutôt qu'à acheter un .fr neuf.
Les IA citent-elles plutôt des sources françaises ?
Oui, sur des questions d'achat posées en français : 78,8 % des citations vont à des sites du marché français, presque autant qu'en Allemagne (79,9 %). En comptant les sites français en .com, tous les moteurs se situent entre 71,3 % (Google AI Mode) et 88,0 % (Microsoft Copilot). Ce résultat ne vaut que pour des questions commerciales.
Pourquoi les comparateurs sont-ils autant cités par les IA ?
Parce qu'ils répondent directement à la question de l'acheteur : quelle offre choisir. Otterly constate que les sites qui gagnent les citations françaises sur ces questions sont en très grande majorité des comparateurs. Une marque peut répondre à la même question sur son site, avec une page de comparaison honnête, et vérifier sa présence sur les comparateurs cités dans son secteur.
Reddit est-il utile pour la visibilité IA en France ?
Peu. Reddit ne représente que 0,62 % des citations françaises, contre 1,79 % aux États-Unis, d'après Otterly. YouTube pèse 1,93 % et Facebook 0,54 %, trois fois plus qu'en Allemagne. Pour une marque française, les comparateurs, les médias spécialisés et son propre site comptent bien davantage qu'une stratégie de forums.
Quel moteur de réponse cite le plus de sites français ?
Microsoft Copilot, avec 88,0 % de citations vers le marché français, sites en .com compris, et 60,1 % vers une adresse française. Google AI Mode est le plus bas sur la mesure complète, à 71,3 %. Claude cite le moins d'adresses françaises (43,9 %) mais le plus de sites français en .com, ce qui le porte à 77,8 %.
L'étude Otterly vaut-elle pour mon secteur ?
En partie. Otterly couvre 16 secteurs, avec une centaine de questions d'achat chacun, mais ne publie le détail que pour quelques-uns : santé (54 % de citations sur un domaine national), finance et assurance (44 %), médias (28 %), plateformes éducatives (25 %), pharmacie (24 %). Le plus fiable reste de relever les sources citées sur vos propres questions, moteur par moteur.
Résumé final
- En France, 78,8 % des citations des moteurs de réponse sur des questions d'achat vont à des sites du marché français (Otterly, 12 octobre 2026).
- 29,5 % des citations vont à des sites français en .com, .info ou .org : le .fr n'est pas une condition pour être cité.
- Les comparateurs (Selectra, Meilleurtaux, Lesfurets, Empruntis, Clubic, Frandroid) forment l'ensemble concurrentiel d'une marque française sur les questions d'achat.
- La France cite peu la presse (10,4 %) et davantage l'administration (3,5 %) que l'Allemagne (1,8 %).
- Les moteurs ne voient pas le marché de la même façon : de 71,3 % (Google AI Mode) à 88,0 % (Microsoft Copilot) de citations locales.
